jeu 30/04/2026 - 12:57

Pour les mères déplacées, protéger leurs enfants signifie souvent résister à des forces qui échappent totalement à leur contrôle. Contraintes de fuir les conflits, les persécutions ou la violence, de nombreuses femmes doivent reconstruire leur vie avec des ressources limitées, un statut juridique incertain et des réseaux de soutien fragiles. Pourtant, même dans ces circonstances, une priorité revient sans cesse : maintenir leurs enfants à l’école, en particulier leurs filles. 

Pourquoi les filles réfugiées courent-elles plus de risques sans éducation ?  

Grâce à son programme de bourses DAFI, le HCR élargit l’accès à l’enseignement supérieur pour les réfugiés. Pour de nombreuses familles, ce soutien change le cours de leur vie – en particulier pour les mères qui s’efforcent de protéger l’avenir de leurs filles par l’éducation, en renforçant leur sécurité, leur dignité et leurs opportunités. 

Pour de nombreuses familles de réfugiés, le déplacement entraîne des risques accrus pour les filles et les jeunes femmes. Les difficultés économiques, l'insécurité et la scolarité interrompue augmentent le risque de mariages précoces et forcés, de violences sexistes et d'exploitation. L'éducation, en particulier au-delà du niveau secondaire, constitue un puissant contrepoids à ces risques. Lorsque les filles restent scolarisées, leurs chances de rester en sécurité, d’éviter un mariage précoce et d'acquérir leur propre autonomie augmentent considérablement. 

Des mères réfugiées qui protègent leurs filles grâce à l'éducation : les histoires d'Iman et de Maysaa 

Iman le sait par expérience. Avant le conflit en Syrie, elle était enseignante et menait une vie professionnelle stable et épanouissante. Lorsque la guerre a contraint sa famille à fuir vers la Jordanie, cette stabilité a disparu du jour au lendemain. Aujourd’hui, elle vit dans un camp de réfugiés, élève seule ses enfants et fait face à l’incertitude quotidienne. 

Pourtant, elle n’a jamais renoncé à une conviction : ses filles doivent continuer à apprendre. 

« Je savais que sans éducation, tout deviendrait plus dangereux », explique-t-elle. « Pour les filles, en particulier, les risques sont omniprésents lorsqu’il n’y a pas d’opportunités. » 

Iman a enseigné des langues à ses enfants à la maison et les a encouragés à persévérer malgré les difficultés de la vie dans le camp. Lorsque sa fille aînée, Sahar, a reçu une bourse DAFI soutenue par le HCR pour aller à l’université, cela a marqué un tournant pour toute la famille. 

Maysaa a fait beaucoup de sacrifices pour s'assurer que sa fille Rasha puisse continuer ses études. © UNHCR/Shawkat Alharfoush
Maysaa a fait beaucoup de sacrifices pour s'assurer que sa fille Rasha puisse continuer ses études. © UNHCR/Shawkat Alharfoush

« Cette bourse a sauvé ma fille d’un mariage précoce », dit Iman. « Quand nous avons appris la nouvelle, j’ai eu l’impression qu’on m’avait enlevé un poids de la poitrine. Je savais qu’elle était en sécurité et que son avenir était encore ouvert. » 

Sahar étudie aujourd’hui la traduction, animée par le désir d’aider les autres à s’exprimer et à se faire comprendre. Pour elle, l’enseignement supérieur n’est pas seulement une ambition personnelle, mais aussi un chemin vers l’indépendance. « L’éducation m’a donné confiance », dit-elle. « Elle m’a fait sentir que j’avais encore des choix, même après tout ce que nous avons perdu. » 

Des histoires comme celles d’Iman et de Sahar se retrouvent dans tous les contextes de déplacement. Les mères réfugiées décrivent systématiquement l’éducation comme une forme de protection, qui met leurs filles à l’abri du danger tout en leur offrant de l’espoir au milieu de l’incertitude. Leur détermination est souvent discrète, persistante et invisible, mais elle façonne des résultats qui changent des vies. 

Une autre mère, Maysaa, également réfugiée syrienne en Jordanie, évoque les sacrifices qu’elle a consentis pour permettre à ses enfants de poursuivre leurs études. Elle travaillait de longues heures pour payer l’électricité afin que ses filles puissent réviser le soir. Lorsque sa fille aînée, Rasha, a obtenu une bourse pour étudier l’arabe à l’université, l’impact a été immense. 

« L’éducation lui a redonné sa dignité. Elle nous a donné à tous de la force. » 

Comment l’éducation des femmes réfugiées renforce les familles et les communautés 

Le programme de bourses DAFI du HCR reconnaît que permettre aux femmes réfugiées d’accéder à l’enseignement supérieur ne se limite pas à la simple prise en charge des frais de scolarité. Le programme apporte un soutien pour les frais de subsistance, un mentorat, un accompagnement scolaire et une aide psychosociale, en tenant compte des obstacles complexes auxquels les femmes réfugiées sont confrontées. L’impact des femmes diplômées s’étend à l’ensemble des communautés. Les femmes qui terminent des études supérieures sont plus enclines à soutenir la scolarisation de leurs enfants, à encadrer les jeunes filles et à contribuer positivement à la cohésion sociale. 

Leur réussite remet en cause les stéréotypes néfastes et renforce l’intérêt d’investir dans le potentiel des femmes. 

Pour ces mères, l’éducation n’est pas un idéal abstrait. C’est un acte de résistance contre le désespoir, une façon de déclarer que le déplacement ne déterminera pas la vie de leurs filles. 

En cette fête des Mères, nous rendons hommage aux mères réfugiées qui, contre toute adversité, continuent de défendre le droit de leurs filles à apprendre, à grandir et à imaginer un avenir façonné non pas par la crise, mais par les possibilités.

Foire aux questions sur l’éducation des filles

Pourquoi l’éducation est-elle importante pour les filles réfugiées ?

L’éducation est l’un des moyens les plus efficaces dont dispose le HCR pour protéger les filles réfugiées. Lorsque les filles restent scolarisées, elles sont moins exposées au mariage précoce et forcé, à la violence sexiste ou à l’exploitation. L’éducation les aide également à prendre confiance en elles, à développer leurs compétences et à se créer des opportunités pour un avenir plus sûr et plus indépendant. 

Comment l’éducation protège-t-elle les filles en situation de déplacement ?

En situation de déplacement, les filles sont souvent confrontées à des risques accrus dus à la pauvreté, à l’insécurité et au manque d’opportunités. L’éducation leur offre une structure, une sécurité et des réseaux de soutien. Elle réduit leur exposition aux pratiques néfastes et leur donne les connaissances et les outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées concernant leur vie. 

Quels sont les défis auxquels les filles réfugiées sont confrontées pour accéder à l'éducation ?

Les filles réfugiées sont confrontées à de multiples obstacles, notamment : 

  • Des contraintes financières  
  • Le manque d'accès à l’école ou aux moyens de transport sûrs  
  • Des pressions culturelles et sociales  
  • Le mariage précoce ou les responsabilités liées à la prise en charge de la famille 

Ces défis rendent plus difficile pour les filles de poursuivre leurs études, en particulier au-delà du secondaire. 

Qu'est-ce que le programme de bourses DAFI ?

Le programme de bourses du Fonds allemand d’initiative universitaire pour les réfugiés Albert Einstein (DAFI) aide les réfugiés à accéder à l’enseignement supérieur. Il couvre les frais de scolarité et offre un soutien supplémentaire, notamment pour les frais de subsistance, le mentorat et l’aide psychosociale, aidant ainsi les étudiants à réussir malgré les difficultés liées au déplacement. 

Comment le HCR soutient-il l’éducation des filles réfugiées ?

Le HCR œuvre pour garantir que les enfants réfugiés, en particulier les filles, puissent accéder à une éducation sûre et de qualité. Cela comprend : 

  • Faciliter l’accès à l’enseignement primaire, secondaire et supérieur  
  • Offrir des bourses telles que celles du DAFI  
  • S’attaquer aux obstacles tels que la sécurité, le coût et la discrimination  

Ces efforts contribuent à protéger les filles et à créer des opportunités à long terme.

Pourquoi mettre l’accent sur l’enseignement supérieur pour les femmes réfugiées ?

L’enseignement supérieur permet aux femmes réfugiées de devenir financièrement indépendantes, de subvenir aux besoins de leur famille et de contribuer à la vie de leur communauté. Les femmes qui terminent leurs études supérieures sont également plus susceptibles de veiller à ce que leurs propres enfants aillent à l'école, créant ainsi un cercle vertueux entre les générations. 

Comment puis-je soutenir l'éducation des filles réfugiées ?

Vous pouvez soutenir les filles réfugiées en faisant un don à des organisations telles que le HCR qui offrent un accès à l'éducation, à des bourses d'études et à des services de protection. Votre soutien contribue à garantir que les filles puissent rester à l'école, être en sécurité et se construire un avenir meilleur.